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Un des policiers agressés aux Tarterêts : «Ils voulaient tuer un flic»

août 18, 2010

Jeudi soir dernier, Nicolas* faisait partie des policiers qui ont eu maille à partir avec des dizaines de jeunes dans le quartier sensible des Tarterêts à Corbeil-Essonnes. Lors de cette intervention, il a reçu un coup de marteau à la main, ce qui lui a valu trois semaines d’arrêt de travail. Malgré ses dix ans d’expérience au sein de quartiers difficiles, ce policier de 34 ans explique qu’il n’avait jamais vu ça.

Quel était l’objet du contrôle ce soir-là aux Tarterêts ?
NICOLAS.
Le procureur a donné des instructions afin que l’on procède à des contrôles pour sanctionner des infractions dans ce quartier. Donc, nous en avons profité. Les Uteq (unités territoriales de quartier) étaient là pour ça et nous, compagnie de sécurisation, étions présents pour les protéger. Ce contrôle avait lieu place Gérard-Philipe. C’est leur territoire, là où ils font leurs trafics. C’est la première fois que nous intervenions à cet endroit.

Et que s’est-il passé ?
Pour moi, c’était un guet-apens. Au départ, nous avions affaire à une quinzaine d’individus. En quelques secondes, ils étaient une soixantaine. Et ils voulaient vraiment en découdre. Nous avons chargé pour les repousser. Là, nous nous sommes retrouvés isolés à deux face à une quarantaine d’individus. L’un d’eux est venu sur moi. Il a donné des coups de poing sur mon casque. Un autre est arrivé sur ma gauche, il avait un marteau. J’ai baissé la tête pour que ça aille sur le casque et pas à la visière. J’étais sonné. L’autre en a profité pour me tirer par la visière et tenter de me mettre au sol. Là, le casque est tombé. Celui qui avait un marteau a alors tenté de me frapper sur le crâne. Je me suis protégé avec la main. Pour moi, c’était clair, ils voulaient tuer un flic. D’habitude, ce n’est pas comme ça. Ils nous lancent des pierres en espérant blesser l’un d’entre nous. Cela fait dix ans que je suis ici, j’ai vécu des émeutes à la Grande-Borne (NDLR : à Grigny), j’ai l’habitude. Mais c’est la première fois que ça se passe comme ça. J’en ai encore des frissons.

Comment vous en êtes-vous sorti ?
Des collègues sont venus en renfort. Mes agresseurs ont pris la fuite. Ensuite, ils ont continué à nous lancer des cailloux. Il s’agissait plutôt de blocs de pierre, des parpaings. C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu plus de blessés. Sur le coup, je n’ai pas eu mal, je n’ai pas réalisé. C’est après que j’ai compris que je l’avais échappé belle.

Comptez-vous reprendre le travail et retourner aux Tarterêts ?
Oui, le plus rapidement possible. Quand on attend trop, on se met à cogiter, on hésite. Dans ce quartier, il y 95% de gens bien. Et ils sont embêtés par les 5% restant. Nous, on veut s’investir pour ces habitants qui aspirent à la tranquillité. Je ne suis pas entré dans la police par hasard. J’adore mon boulot et ce qui m’est arrivé fait partie des risques. Mais je ne voudrais pas renouveler ce genre de situation.

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